QUESTION DE TEMPS

QUESTION DE TEMPS.
Manger pour vivre, vivre pour se reproduire, tel est le parcours de tout être vivant.
De tous , l’homme est peut-être le seul à avoir progressivement intégrer systématiquement des temporalités non vitales.
La mise en commun du temps est un impératif de sécurité et d’efficacité qui amène l’homme à vivre en groupe. Le temps qui se libère lui permet de développer ses capacités intellectuelles et de prendre conscience sur sa propre vie, son aspect précaire et sur sa mort. Deux temporalités vont naître et survivre jusqu’à nos jours, une temporalité familiale attribuée aux femmes et une temporalité tribale assurée par les hommes. Le temps se sexualise.
Dans un deuxième phase, la communauté s’agrandissant, le temps va être partagé, Le temps se socialise. En se répartissant les tâches les hommes vont une nouvelle fois libérer du temps qu’ils vont utiliser pour améliorer leurs conditions de vie en créant de nouvelles temporalités. La poterie, est un exemple qui en plus d’une activité, va participer à la  modification  la perception de l’immédiateté du temps, au travers des denrées qu’elle permet de stocker, c’est du temps qui est stocké.  Le temps devient un concept fluctuant que l’on écrit autant que dans lequel on s’inscrit. Les hommes cherchent à donner un sens à leur vie, lui trouver une logique dans le temps, faute d’en trouver, ils inventent des explications l’une dans une conception cyclique de la vie, l’autre dans l’éternité de la mort.
Chaque communauté va évoluer différemment, découvrant des nouvelles techniques, étendant leur champs de connaissances en fonction de leur environnement.
Les tribus nomades vont faire circuler les objets créés par l’homme, au travers des objets, c’est du temps qui circule, que l’on échange. Plus les productions se diversifient, plus ce sont des temps de nature différentes qui doivent s’échanger, le calcul des équivalences en terme de troc se complique, devient
ingérable. Le temps doit se commercialiser, il faut un objet qui symbolise le temps : la monnaie.   Au travers de l’argent que l’on économise on peut commencer à stocker du temps et différer son usage.
Les rivalités entre les hommes va trouver un nouveau support, l’accès au temps au détriment de la solidarité. Le déficit de solidarité doit faire place à une codification des inégalités donc de codifier les accès au temporalités, les hiérarchiser sous peine de voir sombrer la communauté dans une de guerre civile chaotique.  Les religions sont le reflet de cette nécessité, en plus de l’explication du temps elle légitimise la place de l’homme dans la société. Le temps sacralisé permet de maintenir la cohésion de la société au prix de la stratification sociale.
Les fondements de l’aventure des civilisations sont en place. Le temps sacralisé tient lieu à la fois de référence morale et de référence légale mais il va lentement se décontextualiser. L’étendue des connaissances évoluant oblige les sociétés à établir des lois circonstanciées qui restent malgré tout
largement orientées par le contexte religieux. Le temps légiféré est celui qui organise et équilibre le temps social et le temps économique.

La question que l’on peut se poser est de savoir si le temps légiféré après avoir été dominé par le « temps
sacralisé » n’est pas devenu le vecteur de domination du « temps commercial. ». Ou peut-être sommes nous dans une autre dimension temporelle qui ne s’inscrit plus dans le présent, immatérielle et impersonnelle, le temps spéculatif.

 

JACQUEMART ALAIN

 

Changetonmonde |
C'est LE REVE |
ATELIER RELAIS DU TARN ET G... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Inegaliteshommefemmepub
| Salmasoleil
| Levelodelou