CAPITALISME VS DEMOCRATIE

LE CAPITALISME, UNE IDEOLOGIE QUI TUE LA SOCIETE DEMOCRATIQUE ?
L’homme a compris très vite que sa qualité de vie, voire sa survie, dépendait de sa capacité à élaborer un ordre social lui permettant de vivre au sein d’un groupe coopérant.
La solidarité est un concept fragile qui résiste mal à la multitude, face à l’instinct de domination, il est nécessaire de lui trouver des codes sociaux : religions, castes, corporatismes…
Les castes dominantes occuperont le pouvoir.  Selon les époques les critères pourront varier. La religion, la richesse et la force militaire ont pris une place prépondérante dans l’accès au pouvoir.
Plus de 200 ans après « le discours de la servitude volontaire » de LA BOETIE, dans la foulée du «contrat social» de ROUSSEAU, le peuple décide de changer sa destinée, en Amérique puis en France, le régime monarchique est refusé ou renversé pour faire place à un système démocratique.
Le soucis premier de ces nouvelles sociétés est celle de l’égalité des droits. La construction de la démocratie ne va pas se dérouler de la même façon de part et d’autre de l’Atlantique.
Ce sont deux univers qui vont s’élaborer autour du même concept mais dans des environnements qui n’ont rien de commun.
L’Europe a plus de 2000 ans d’histoire qu’il faut gérer. Elle va se transformer au travers de luttes contre l’ancien modèle social hiérarchisé et les symboles du pouvoir que sont la noblesse et la religion. Le résultat étant la recherche permanente d’un équilibre qui reste précaire, basé sur la solidarité dont l’Etat doit être garant.
L’Amérique se trouve dans une situation totalement différente car c’est de la construction d’une société qu’il s’agit. Une construction autour de valeurs religieuses qui glorifie le mérite personnel, l’Etat se porte garant des libertés individuelles.  Elles ne tardent pas à devenir une façade bien-pensante  cachant la barbarie de l’esclavagisme et du massacre des indiens.  On assiste à la construction d’une société qui ne se pose pas de questions philosophiques sur le sens de la Vie dans la mesure où les réponses tant sociales qu’économiques sont dans la religion. Le principe de cohésion social est la charité plus que la solidarité qui n’est devenu qu’un fait pragmatique ponctuel.
L’immigration vers l’Amérique est, comme toutes les migrations, sous-tendue par la fuite de conditions de vie inacceptables dans les pays d’origine et le rêve d’un enrichissement personnel rapide dans le pays refuge.  C’est la naissance du mythe du « rêve américain ».
Les deux conceptions du fonctionnement du monde l’une basée sur l’équilibre social et l’autre sur le fonctionnement économique en vont s’affronter dès le début du XX ème siècle.
Les deux guerres mondiales ont été des étapes décisives dans la vision économiste du monde.  Marx et Adam Smith ont servi de supports idéologiques pour deux conceptions opposées mettant l’économie au centre de toutes les préoccupations.
Le capitalisme doit son succès à ce qu’il utilise l’imaginaire des libertés individuelles pour sublimer les égoïsmes naturels et l’individualisme au détriment de la vie sociale.  Le capitalisme n’est qu’une version différente de ce que fut l’ancien régime : une classe riche dominante exploitant une masse travailleuse
pour son seul profit. La différence réside dans l’illusion du confort dans lequel le peuple est immergé. Le capitalisme peut se permettre de conserver les structures qui donnent au peuple l’illusion de la démocratie. Le lobbying gravitant autour des hommes politiques ne font rien d’autre que des actions
mafieuses d’intimidation et de chantage pour infléchir la décisions à leur avantage.  Il est impossible de faire une meilleure critique du système capitaliste que celle de Marx, le plus dangereux est de transformer une analyse pertinente en base pour une théorie alternative.
Le communisme a démontré toute l’horreur que peut engendrer un système « égalitariste » qui ne peut être que dictatorial car incompatible avec les libertés individuelles et la démocratie.
Plus que le bienfondé de tel ou tel système économique, la question à se poser est de savoir si l’économie doit être le sens de la vie ou redevenir un outil qui permette à l’homme de vivre en paix dans une société recherchant l’équilibre plutôt que la compétition engendrant des guerres.  Cette voie, qui fut
celle des luttes syndicales, parsemée d’embuches et de faux pas, qui a façonné notre Europe contemporaine a été délaissée progressivement depuis la fin des années 60 et abandonnée depuis le milieu des années 80 au profit de la vision capitaliste.

Faute de solidarité, les luttes syndicales qui étaient un reflet d’une conscience sociale, de conquêtes de droits, sont actuellement perçues comme des revendications corporatistes de défense de privilèges, elles divisent plus qu’elles ne rassemblent les travailleurs.  Le terme même de travailleur qui devrait être rassembleur devient emblématique de division. Au sens éthimologique le travailleur est celui qui vit de son travail, du manoeuvre à l’ingénieur du travailleur indépendant au patron d’une PME, nous sommes tous travailleurs et nous avons tous à faire face à cette nébuleuse financière qui tire les ficelles qui font de nous des pantins.

 

 

JACQUEMART ALAIN

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